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Aujourd'hui moins de 2% des agriculteurs et 4 % des surfaces agricoles sont en culture biologique. Peut être plus de 10% d'ici 10 ans... ? Cela peut paraître insuffisant, mais en agriculture, il est difficile de changer radicalement sa façon de travailler rapidement car les investissements sont lourds, difficiles à rembourser ; les risques associés et le choix final doivent être mûrement réfléchis.
Par opposition à l’agriculture « conventionnelle », l’agriculture Bio désigne une agriculture plus respectueuse de l'environnement. Le rejet des produits de synthèse dans la production agricole biologique ne constitue historiquement que l’aspect le plus superficiel du mouvement mais c’est de loin le mieux connu ! Le terme Bio (ou Organic en anglais) a été utilisé pour différencier cette agriculture des systèmes de production faisant massivement appel aux intrants chimiques (engrais), aux pesticides dits « produits phytosanitaires » (tels que herbicides, insecticides ou fongicides, hormones de synthèses, antiparasitaires…), car polluants pour la santé et l'environnement et ne participant pas à ce que l'on appelle désormais une « agriculture durable ».
L'agriculture Bio produit souvent moins et plus lentement que la conventionnelle. Du coup elle génère moins de revenu pour les agriculteurs, ce qui rend utopique de penser que tous les agriculteurs pourraient et devraient se mettre au Bio. Enfin, il existe des environnements (climatiques en particulier) et des secteurs plus propices au développement de l’agriculture biologique que d’autres.
Aujourd'hui, malgré tout, l'agriculture d'une manière générale tend à travailler différemment, d'où l'apparition d'une "agriculture raisonnée". L'agriculture raisonnée, reconnue officiellement en France depuis 2002 (décret n° 2002-631 du 25 avril 2002, JO du 28 avril - arrêtés du 30 avril 2002, JO du 4 mai 2002), correspond à « une démarche globale de gestion de l'exploitation visant à renforcer les impacts positifs des pratiques agricoles sur l'environnement et à en réduire les effets négatifs, sans remettre en cause la rentabilité de l'exploitation ». La réduction de la fréquence des traitements chimique, par une meilleure appréciation du risque et l’utilisation de matière active moins agressive pour l’environnement, est l’une des avancées principales de l’agriculture raisonnée. Les entreprises ayant opté pour une certification ISO 22000 (management de la sécurité des aliments) ou rattachée(BRC, IFS, HACCP…) ont obligation de mesurer et de prévenir les risques sanitaires associés à leurs produits ; le volet phytosanitaire représente un des éléments majeurs de la gestion.
Cependant, les fruits de ces démarches responsables seront difficiles à identifier ! En effet, il a été décidé qu’aucun logotype spécifique et officiel n’existera pour l’agriculture raisonnée. Les consommateurs pourront identifier les produits issus d'exploitations qualifiées grâce à une étiquette portant la mention "issu d'exploitations qualifiées au titre de l'agriculture raisonnée". Enfin, la mention « certifiée ISO 2000 » n’a strictement aucune signification pour le consommateur.
L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) est chargé d’évaluer les risques associés à la présence des résidus de pesticides dans les produits alimentaires au niveau européen. Encore aujourd’hui, il n’existe pas de limite maximum de résidus (LMR) harmonisées au plan international. La fixation des LMR fait toujours débat et une nouvelle méthodologie, prenant logiquement en compte les effets cumulés de différents pesticides, est toujours en cours de développement. D’ores et déjà, tous produits confondus, près de 4% des produits alimentaires commercialisés en Europe (principalement des légumes) dépassent les LMR voire même, comme certains raisin de table contrôlés en 2008, contiennent des résidus de produits phytosanitaire totalement interdits !
Entre Agriculture Bio et agriculture conventionnelle, rien ne donc permettra à court terme d‘identifier les démarches volontaires de réduction des produits phytosanitaires et de mesurer effectivement les progrès effectifs réalisés au niveau des produits mis en marché !
EXCELL a décidé d’initier à compter de 2010 la démarche «+ NATURE – PESTICIDES©» pour contrôler et faciliter, au stade du consommateur, l’identification des produits agricoles ayant significativement réduit l’usage des pesticides qu’ils soient issu de l’agriculture biologique ou raisonnée.
Grâce à un cahier des charges spécifiques, établis sur la base des recommandations de l’EFSA en matière de LMR mais avec des exigences nettement plus sévères (10 à 1000 fois moins de résidus que les LMR légales) et prenant en compte dés aujourd’hui de la notion d’effet cumulatif de différentes molécules appartenant à une même famille chimique, la marque « -PESTICIDES +NATURE™ » sera décernée sur la foi d’une analyse régulière des teneurs effectives en résidus d’une liste étendue de pesticides, directement dans les produits finis livrés au consommateur et plus seulement sur la foi de l’examen des documents fournis par les producteurs, comme c’est souvent le cas lors des procédures basiques d’éco certification par exemple.
Les produits pourront signaler leur appartenance à cette nouvelle démarche éco responsable particulièrement innovante en utilisant la marque distinctive « -PESTICIDES +NATURE» sur leur étiquetage. Une première étape sera franchie avec le contrôle des vins. Si la viticulture ne représente pas la source de contamination la plus importante parmi les différents produits alimentaire, c’est elle qui proportionnellement utilise encore aujourd’hui le plus de produits phytosanitaires (20 % des pesticides employés au total pour moins de 3% des surfaces cultivées…)! Il était donc logique de commencer par cette filière pour amorcer une procédure de moralisation et d’identification claire des efforts produits par les producteurs quand l’INRA et le CEMAGREF estiment qu’il est immédiatement possible de réduire de 30 à 50% la quantité de traitements phytosanitaires en agriculture…
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La récente loi Grenelle 1 et le plan ECOPHYTO 2018 imposent aux vignerons de faire évoluer les démarches de lutte contre les ravageurs de la vigne.
La controverse et les conséquences de l'étude Pan-Europe, vue par Viti-net
Des pesticides dans le vin
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